Le Pavé | Face ENE

Vendredi 16 mai 2025

Trois dents du Pelvoux, directe NE

Le printemps est déjà bien avancé, on rentre dans le « money time », les itinéraires de haute montagne se remplissent et c’est le moment d’aller voir les projets qu’on a surveillé tout l’hiver. J’avais une idée en tête que je propose à Boris et Charly mais ils préfèrent aller voir le Pavé et sa magnifique diagonale suspendue. Je décide de me joindre à eux. La ligné plutôt exposé Est prend bien le soleil à cette période, il ne faudra pas trainer.

Trois dents du Pelvoux, directe NE

C’est mal parti puisque je me trompe d’une heure en mettant mon réveil. Boris et Charly ont la gentillesse de m’attendre. On reste sur le plan initial mais on sait qu’il faudra changer si ça chauffe trop. On voit bien la ligne en passant au Lautaret, on a quelques sur le remplissage de la dernière partie, les cailloux ont l’air bien présent.
On traverse le torrent en équilibre sur un arbre salvateur puis on remonte le vallon jusqu’au replat où on chausse les skis. Le début est commun avec le col Claire, on remonte le premier couloir puis on traverse à droite sur l’immense pente suspendue au dessus des séracs. Il y a une dizaine de centimètres de poudre froide sur un fond dur, la stabilité est essentiel pour ce genre de ligne et nous sommes rassurés. C’est Charly à la trace, il est en forme et trace quasiment jusqu’en haut.

Trois dents du Pelvoux, directe NE

On arrive à la rimaye, un passage semble se dessiner en louvoyant entre les cailloux. Ca brasse pas mal mais on arrive finalement au sommet du Pavé. C’est une sensation incroyable d’être sur ce sommet d’habitude réservé aux alpinistes et de chausser nos skis. On a une vue à couper le souffle sur le doigt de Dieu.
On est prêts pour attaquer la descente, la pente se raidit progressivement ce qui permet de se mettre en jambe. On arrive à une étroiture où il y a juste la place pour les skis. A partir de la c’est raide et exposé, concentration maximale. La neige est bonne, les virages s’enchainent dans un cadre grandiose. On rejoint la grande pente suspendue, on souffle un coup. Ensuite les virages s’allongent et on fait du très bon ski jusqu’à retrouver le couloir d’accès.
On retrouve finalement nos baskets, le retour à la voiture se fait oublier après ces virages suspendus et cette ligne magnifique. C’est une ouverture de Hervé Degonon et Seb Constant en 2015 qu’ils ont appelé « sous le Pavé, la plage ».